27 juillet 2007
Pourquoi ce blog
Bonjour,
Ici, ce ne sera pas toujours la franche déconne... Ce blog est un
exutoire à ma souffrance du dos qui depuis trop longtemps me ronge.
J'ai
été opérée en avril 2006, de façon traditionnelle, d'une hernie discale
lombaire L4-L5 qui me causait une sciatique très invalidante. Depuis
février, je souffre à nouveau des mêmes symptômes. Une IRM vient de
révéler une récidive (exactement la même configuration). Je viens de
comprendre que les récidives étaient fréquentes et logiques car lorsque
l'on retire une hernie, on retire des "morceaux" de disques... Je
ne veux pas d'un nouveau coup de bistouri. Je tente tout ce que je peux
tenter du coté des médecines parallèles, je crois que tout ce qui se
passe dans notre corps n'est jamais le fruit du hasard, j'ai à
plusieurs reprises essayé de décoder cette pathologie et j'ai compris un
certain nombre de choses, je continue à boire à toutes les sources qui me paraissent bonnes pour moi... Bref, je bricole, ça m'occupe.
J'ai
récemment lu sur internet qu'il existait une autre technique opératoire
beaucoup moins lourde : la discectomie endoscopique, j'aimerais pouvoir
avoir des témoignages de personnes ayant subi cette pratique. En tout cas, si j'opte pour cette option... je témoignerai, c'est sûr.
En attendant, je m'exprime... Ici et ailleurs car les mots sont là pour tenter d'éviter les maux. Envie de regrouper ici tous mes écrits depuis un an qui concernent mon dos et puis continuer et puis l'espoir aussi. Tentative...
Merci de me lire et/ou de m'apporter votre expérience.
Pabête et le masque rigolard
Petite histoire écrite en Avril 2006
Pabête
savait que la meilleure façon pour la morsure pointue c’était le
dedans. Alors elle s’était débrouillée pour entrer. Peut être qu’elle
s’était déguisée en appétissante pour se faire avaler, peut-être
qu’elle avait fait semblant d’être un microbe, ou peut-être qu’elle
était née là…Ca, c’était son secret ; et les secrets… ça se respecte.
Non seulement elle était dedans mais en plus la sournoise, elle était
derrière, là-bas dans le creudos.
Elle s’était donnée le temps de grandir puis, elle avait commencé à se faire les dents, au début c’était des petites mordissures de rien du tout, le genre de chatouillis qui grimace un peu le masque rigolard. Puis elle avait laissé pousser ses dents pour croqueboucher la chair. Alors là, le masque avait grimacé tordu. Elle, elle était fière de sa bouche.
Elle était fière de ses yeux aussi, elle en avait 12 ! 3 pour chaque direction, elle n’était jamais fatiguée parce qu’ils dormaient à tour de rôle. Toujours sur le qui-vive, elle faisait claquer sa mâchoire dès que ça bougeait dans l’une ou l’autre direction, parfois même quand c’était calme et pas menaçant, sa mâchoire claquetait : CLAC ! Juste pour s’amuser.
Le masque rigolard en avait carrémarre de cette dentue aiguisée, il allait lui montrer qui il était ! Parce que lui aussi il en avait des dents, des vraies, des belles qui brillent, des sourieuses et des esclaffeuses… Et puis d’abord, il était là depuis plus longtemps qu’elle, elle n’avait qu’à déguerpisser vite fait !
Première arme : la potion dormorante… Malgré tous ses yeux, Pabête ne l’avait pas vue venir et elle s’était laissée ensommeiller, surtout la nuit. Et puis, un matin elle avait rispostchoumé très pointu et le masque rigolard avait hurlecoulé fort. De peur, il avait sauté à pieds joints dans la marmite de potion mais ça lui avait essoré la cervelle et zigzagué le bidon.
Deuxième arme : lipabouge semblammort… Pabête en avait profité pour reposer un peu ses dents mais pas trop longtemps, sinon elle allait s’ennuyer…Mais le masque rigolard aussi s’ennuyait, c’était un bougeur… alors il a bougé et elle a claquebouché comme une dévorante. Il a cru qu’il se transformait pour toujours en masque pleurnichard. Il était fatigué dans sa chair et dans ses pensées aussi et puis, il n’aimait pas se battre. Alors, il a réfléchi.
Il a préparé une autre potion, pas une dormorante, une calmante. C’était comme un pacte : elle, elle mordait moins pointu et lui, il faisait moins le bougeur.
Ce n’était qu’une solution patientante. Il savait bien qu’il lui faudrait faire appel au magicien… Bistourius le magicien était le seul à pouvoir entrer pour neutraliser Pabête, mais pour cela il lui faudrait boumassommer le masque rigolard, ouvrir une petite fenêtre là-bas dans le creudos et coupetuer Pabête d’un coup de baguette bien appliqué. Le masque rigolard n’aimait pas beaucoup les coups de massue du magicien, ni ses coups de baguette, mais il n’avait plus le choix. Alors il a demandé à sa peur de s’endormir elle aussi et puis il s’est couché dans les mains du magicien et ses yeux ont vu tout noir. Mais après, quand la couleur reviendra, il pourra à nouveau bouger comme il voudra et à nouveau se promener dans la prairie de son creudos.
Vive la magie !
28 juillet 2007
Perdre
Perdre son doudoux,
Perdre un être chair,
Perdre son enfance,
Perdre son innocence,
Perdre ses croyances,
Perdre la confiance.
Et Joyeux noël !
Perdre son sang,
Perdre sa virginité,
Perdre les eaux,
Perdre son lait,
Bon, ça part au lavage !
Perdre le sommeil.
Perdre la raison,
Perdre le contrôle,
Perdre l’occasion de se taire,
Perdre la partie,
Perdre sa chance,
Perdre patience,
Perdre espoir.
Mais non, faut laisser le temps au temps !
Perdre des morceaux de disques vertébraux,
Perdre connaissance,
Perdre du poids,
Perdre la mobilité,
Perdre l’indépendance,
Perdre du temps.
Ca y est là, je suis ceinture noire de patience !
Perdre sa jeunesse,
Perdre la face,
Perdre sa route,
Perdre ses repères,
Perdre la mémoire,
Perdre la tête.
Tant perdre sans avoir joué,
Tant perdre pour gagner sa vie !
Flipper
Je suis un flipper !
Flipper sans manette, sans bouton,
Roule la boule électron.
Elle nage entre mes reins,
Elle gagne du terrain.
Je suis un flipper !
Elle est revenue sans permission
La squatteuse,
Elle est pointue, elle a toujours raison
La décideuse
Je suis un flipper !
Je la laisse me cogner,
Je suis bien trop fatiguée.
Elle va gagner la partie
J’ai toujours perdu les paris.
Je suis un flipper !
Je flippe. J’ai peur.
Mon corset
Mon corps sait.
Il sait tout ce que tous ignorent…
Tous ? Non. D’autres savent mais ne disent pas.
Pourquoi ?
Parce qu’ils ne savent pas dire, ils ne peuvent pas.
Mon corps dit.
Il parle de ses innombrables bouches cachées,
Parfois il chuchote, parfois il hurle.
Mais les autres n’entendent pas.
Pourquoi ?
Parce qu’ils ne savent pas entendre, ils ne peuvent pas.
Et moi…
Moi je le sens, je l’entends, je l’écoute et je le dis.
Je le dis pour qu’il se taise…
Qu’il se taise !
Pastel de Sabine Germanier
Comprendre
Ne plus pouvoir
faire sans.
Faire sens
pour ne plus faire sang…
Corjugaison
Mon corps me JEU,
Il me joue,
Il me joue sans règles du jeu.
Il me meurt,
A petit feu.
Des choses que je comprends
De moins en moins.
Les jambes, les bras,
Et maintenant la gorge.
A l’échec, au vide.
A l’incolmatable gouffre.
Dans le dos,
Pour m’envoler très très haut…
Bientôt ?
Frida Kalho - 1907-1954
Autoportrait : La colonne brisée - 1944
La fermeture
Eclair. Un éclair dans la chair.
Zip… Tranchée.
Béante, vivante,
Ouvrable… Ré-ouvrable,
La fermeture.
Non, je ne veux pas qu’on t’ouvre encore.
Je ne veux plus d’intrus dans mon corps.
Je veux fermer, la fermer, je veux te fermer,
Te fermer pour toujours.
Peau neuve.
Gommer… le mal, la mort, le sang, l’éclair.
Toucher, lisser, caresser.
Oser te toucher.
Ne plus avoir peur.
Réparer.
Je veux te réparer.
Je veux me réparer.
Zip… fermée.
La fermeture.
Eclair.
La femme colonne
Femme-colonne, Femme-jarre,
Tu es un peu fêlée ?
Oui. Juste ce qu'il faut pour laisser passer la lumière.
Femme-colonne, Femme-jarre,
Tu es allumée ?
Oui. Juste ce qu'il faut pour rire de la vie.
Femme-colonne, Femme-jarre,
Tu es droite ?
Oui. Juste ce qu'il faut pour poser un pied devant l'autre...
01 août 2007
Décision

Voilà, elle est prise. Je ne sais pas
si c'est la bonne mais c'est plus tenable, le spectacle que j'offre est
lamentable et je ne crois pas qu'il soit humain de souffrir à ce
point... Je ne connais personne ayant subi cette intervention. Je ne
vois pas aujourd'hui d'autre alternative. J'ai confiance. J'ai peur
mais j'ai confiance.
J'ai donc rendez-vous le 3 septembre à Paris avec le chirurgien, l'intervention est prévue le lendemain.
Le chirurgien qui m'a opérée l'année
dernière, s'était engagé à m'opérer d'urgence si la souffrance devenait
insupportable : elle l'est mais il est en congés tout le mois d'août.
C'est peut-être mieux, j'aurais peut-être cédé à la
facilité de supplier son bistouri!
Mesdames, messieurs, si vous pouviez éviter d'être malade en août... ça arrangerait les soignants (soi niant) !
Voilà, je m'apprête à vivre le mois le plus atroce de toute ma vie... ATTENTE. Bel été! Et dire que c'est ma saison préférée!!!
But, the show must go on !




